QUARTIERS


Montagne-Verte

La réussite d’une famille turque

Pro Inter annonce un chiffre d’affaires de 6,8 millions d’euros et emploie une quarantaine de salariés. Salih Asan en est le PDG. Histoire d’une florissante affaire commerciale.

Suleyman Asan responsable du magasin, route de Schirmeck.
Geneviève Engel

Pro Inter, c’est, aujourd’hui, un restaurant et deux magasins, un de 250 m2, route de Schirmeck, l’autre, de 2 500 m2, rue Virgile, à Koenigshoffen.

« 50 % de notre chiffre d’affaires provient de la vente de la viande halal. Notre succès vient de là. Nous sommes les premiers, à en avoir proposé à la communauté musulmane strasbourgeoise. Mon père et mon frère tuaient eux-mêmes les bêtes aux abattoirs, selon le rituel. À partir de là, les affaires ont démarré », se souvient Salih Asan, le PDG de Pro Inter.

C’était en 1985, deux ans après l’achat de la première épicerie familiale : 20 m2, rue de Saint-Dié, au Neudorf. Car Pro Inter est l’histoire de toute une famille. « Mon père est arrivé en France, en 1974. Nous l’avons rejoint, ma mère, mes trois frères et ma soeur, cinq plus tard. J’avais 8 ans. Aucun de nous ne parlait le français. Mon père faisait des chantiers. Très vite, mon grand frère Suleyman a trouvé du travail dans une petite épicerie turque de la rue du Faubourg national », raconte Salih Asan. « Suleyman a la bosse du commerce. Et, en trois ans, il a changé trois fois d’employeurs, toujours pour de meilleurs salaires. C’est, sans doute, un héritage familial, note Salih Asan. Mon grand-père tenait déjà l’épicerie du village. »

De l’épicerie au supermarché

En 1983, ce talent ne sera plus jamais au service des autres. La famille Asan achète son premier pas de porte. Les hommes y donnent tous un coup de main. « Quand je rentrais de l’école, je préparais pour le lendemain des paquets de graines de tournesols que mes camarades me commandaient contre quelques francs », se souvient Salih Asan.

D’année en année, l’affaire prend de l’ampleur. À la petite épicerie s’ajoutent un entrepôt, puis un bazar, puis une autre épicerie, et, enfin, en 1989, le magasin de la route de Schirmeck. Pro Inter ouvrira encore un petit restaurant, une boulangerie et un magasin de meubles, avant de « donner, en octobre 1999, un supermarché de 2 500 m2 à la communauté turque et maghrébine. C’était mon rêve », dit Salih Asan.

Si la société a depuis revendu un certain nombre de ses acquisitions, c’est sans doute pour disposer d’un peu de liquidité, mais aussi pour garder en famille le contrôle des affaires. Chaque homme y a trouvé sa place. « Mon père a pris sa retraite, mais il reste notre protecteur. Je suis le PDG car Suleyman déteste les questions administratives. Il est responsable du magasin de la route de Schirmeck, mais, pour moi, il reste le PDG symbolique. C’est lui le maître de l’innovation. À l’époque, aucun d’entre nous n’aurait osé dépenser 5000 francs pour faire de la publicité. Il l’a fait. Nous avons travaillé dur. C’est une réussite. Nous avons créé des emplois. »

Salih nourrit encore un rêve : ouvrir une salle des fêtes pour la communauté.

Le bureau de Henry Bretz, adjoint de quartier, 100, route des Romains.
03 88 10 54 80.
Centre médico-social : 8, rue d'Ostwald.
03 88 28 08 66.

En bref

La salle Saint-Arbogast rénovée
La salle Saint-Arbogast sera inaugurée le 17 novembre, après la messe de 10 heures. Les lieux ont été mis aux normes et sont désormais accessibles aux personnes handicapées. Le coût des travaux, pris en charge à 50 % par la ville, s’élève à 80 000 euros. Ces festivités seront suivies, ce jour-là, par le déjeuner de la fête paroissiale. 10, rue des Mérovingiens.

 

Neuhof

Un Prix de français pour jeunes hongrois

L’association franco-hongroise a créé le prix Széchényi. Il récompense un jeune hongrois qui a rédigé en français le meilleur dossier sur son pays. gée de 19 ans, Zsuzsanna Hideg, étudiante en français à Budapest, est la lauréate 2002 ; elle a rédigé un dossier d’une dizaine de pages sur l’avenir de sa langue dans l’Union européenne. D’après la présidente de l’association franco-hongroise, Fabienne Wassmer, « c’est le meilleur travail présenté jusqu’ici ».

L’idée de ce prix est née de l’envie des membres de l’association d’oeuvrer au bénéfice des jeunes hongrois. Fondée en 1989 par Laszlo Hegedus, l’association s’était surtout chargée de promouvoir la Hongrie auprès des Alsaciens, en multipliant manifestations et voyages touristiques.

Du nom d’un mécène hongrois du xixe siècle, le prix Széchényi, permet à des étudiants et à des lycéens, de gagner un séjour en Alsace. « Le transport est à nos frais, et l’accueil a lieu au domicile d’un membre de l’association », explique Fabienne Wassmer. L’initiative a conquis le Conseil de l’Europe et la ville puisque tous deux subventionnent une partie du voyage. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le prix n’est pas si facile à décrocher. Certains se présentent plusieurs fois. Inutile de vouloir tricher sur son niveau de français, chaque lauréat doit exposer son travail, en public, le jour de l’assemblée générale de l’association. Zsuzsanna Hideg était à la hauteur. Mieux : seul un accent trahissait ses origines étrangères.

Sa visite à Strasbourg devrait marquer le début d’une nouvelle vie. Elle projette d’y venir étudier la linguistique. Seul souci que l’Europe élargie voudra effacer : les équivalences universitaires entre nos deux pays. Affaire à suivre.

31, rue des Hirondelles.
Tél. : 03 88 79 08 73.

  • Mairie de quartier, 1, place de Hautefort.
    03 88 79 86 60.
  • Le bureau de Pascale Jurdant-Pfeiffer, adjointe de quartier, 165, route du Neuhof.
    03 90 40 42 51.
  • Piscine : 1, rue de la Kibitzenau.
    03 88 34 41 48.
  • Centre médico-social : 16, rue de l’Indre.
    03 90 40 44 00.



  • Page précédente  |  Page suivante