novembre
qu’est-ce qu’on fait ?


Strasbourg au galop



L’École espagnole d’équitation de Vienne, fondée en 1572, propose un spectacle où la grande maîtrise des vingt-six étalons lipizzans d’origine espagnole, combinée au style de l’uniforme impérial des cavaliers, fait jaillir une vraie féerie au travers d’une chorégraphie équestre.

L’édition 2002 de la tournée concentrée sur l’Allemagne (Cologne et Berlin) et le Luxembourg, permet pour la première fois à l’École espagnole de se produire à Strasbourg, où le parc des expositions sera transformé en un manège identique à celui d’Hofburg. Plus de 5 000 spectateurs pourront être accueilli. Cette école prévoit de présenter un spectacle avec piaffes, passages et changements de pied, sans oublier les sauts ou encore les levades, courbettes et cabrioles qui seront précédées d’un avant-programme. Un ballet aérien dans lequel six jeunes filles drapées d’étoffes blanches (couleur de la robe des Lipizzans) effectueront des figures au-dessus du public.

Les 21, 22 et 23 novembre, Au Wacken, 20 h 30

Chronique culturelle d’André Tubeuf
Une trace de feu ou de larmes

Quelques artistes ne font que passer par chez nous et laissent une trace de feu ou de larmes. Les musiciens surtout qui, quand ils nous touchent, le font au plus intime. Ginette Neveu s'écrasant dans le même avion que Cerdan, Kathleen Ferrier et Dinu Lipatti emportés par la maladie... La chose paraissait si injuste ! Dans le peu qu'ils nous laissaient, leurs disques, nous cherchions presque un signe laissé là à l'avance, l'annonce de leur départ, - leur adieu. Il leur restait encore tellement à accomplir, à nous donner ! Les interprètes nous paraîtraient-ils, par essence, plus éphémères que les créateurs ? Eux ême partant scandaleusement tôt, c'est comme s'ils étaient allés au bout de quelque chose. La mort a eu beau nous prendre Mozart la plume encore sur son Requiem inachevé, son oeuvre est parfaite, achevée. Celle de Schubert aussi, mort à 31 ans (et quatre ans de moins, c'est presque une vie, quand la vie de quelqu'un est si courte) : mais l'abondance, la santé insolentes des oeuvres de son ultime année (trois dernières sonates, deux heures de musique, en un dernier mois de travail), nous imposent l'évidence du parfait, de ce qui a pris son temps et est venu à terme. Toute mort vient trop tôt, hélas : mais, celui qui crée préfère son oeuvre à lui-même, et nos regrets sont moindres quand l'oeuvre est là. Elle nous le garde, vivant de la vie qu'il a choisie, la vie qu'il lui a donnée.


Geneviève Engel
Glenn Gould est un cas à part. Il a tenu à peu près son demi-siècle d'existence, et sa mort au fond n'a été qu'un second départ. De longue date, il s'était retranché, ne quittant plus son Nord aimé, le Canada, dont il aimait la couleur grise, le silence, la neige ; disant adieu au monde des concerts, aux publics de rencontre, aux hasards du direct ; réfugié comme sous une cloche derrière les parois de verre du studio où il continuait de jouer du piano, s'enregistrant lui-même et manipulant, reprenant ses bandes avec des gourmandises de collégien qui touche à des instruments interdits. Il faut bien qu'il y ait eu du charisme dans son cas. On n'établit pas sa réputation avec les Variations Goldberg de Bach, qu'avant lui il était permis de juger arides ; on ne se gagne pas une légende avec son propre retirement, à moins que quelque chose d'irrésistible, l'ascendant d'une personnalité, ne se rie de ces obstacles. On a pu croire d'abord que ses bizarreries étaient le principal de la légende : ce grand garçon qui joue si bas sur sa chaise, le nez dans les touches, et fredonne ; toujours frileux, et qui s'emmitoufle de mitaines et de cache-nez, et se réchauffe dans l'eau chaude ses mains toujours glacées avant de pouvoir jouer ; et cætera... Mais, évidemment, ce n'était que chez l'homme public que de telles particularités apparaissaient. Rentré dans son univers de glace et de vitres comme dans un sein maternel, si Gould a continué à être légende, c'est à cause de son art.

Il n'est pas le premier à avoir fait sa carrière publique, pratiquement dans Bach. Quant aux idiosyncrasies de son jeu, cette rigueur ostensible qui est aussi une fantaisie (au point de sembler parfois une blague), ce staccato et ce legato qui se confondent ou s'intervertissent, cette exposition fanatique du contrepoint - bah, en un sens il n'y a là que de quoi alimenter des querelles de spécialistes. Si Gould s'est installé si solidement dans sa célébrité médiatique, c'est pour une première vertu : le courage d'être lui-même et de l'être seul, d'ignorer toute compromission. C'est à ce prix qu'un personnage entier et inaccessible (double obstacle) a pu rester là-bas dans son Nord une référence pour le monde entier, et pour longtemps.

Mais que nous a-t-il appris au juste ? Ni le legato, ni le staccato. Il n'a pas voulu créer une mode, imposer un style, et moins encore endoctriner. Comme tout artiste sérieux - et presque sombrement, fatalement sérieux sous les airs farceurs qu'il peut prendre, le premier talent (et souci) de Gould a été de nous faire entrer dans son jeu. Nous acceptons ses termes. Nous croyons, au moment où nous y sommes, que là est la seule possible et légitime façon de faire. Cette contagion de la conviction, comme elle est rare chez les artistes ! Mais, elle est leur plus vraie âme, et la vraie source de leur charisme. Les plus absolument touchants (même s'ils gardent l'air froid et distant) sont ceux qui nous font épouser leurs risques même, et leurs doutes aussi, tant ils sont convaincants. Et comment convaincre, à moins d'être convaincu ? Et quelle autre preuve en donner, qu'aller au bout ? On les célèbre presque en même temps, - anniversaires obligent : Callas et Glenn Gould. Ils n'ont eu que cela en commun, mais superlativement. Cette façon d'être sans réserves, jusqu'au bout, mettant s'il le faut leur dernière goutte de sang dans ce qu'ils font et ne se souciant de rien d'autre. Ils n'ont pas le choix, et ne nous le laissent pas (ce pour quoi peut-être, un temps, on les haïra, ou fuira). Au fond, leur exemple, leur entraînement est moral. D'autres, la maladie nous les prend. Mais, deux comme ces deux-là qui meurent (et assez tôt) à force seulement d'avoir été eux-mêmes dans leur art, de s'y être mis à fond, nous obligeant à faire attention pleinement - ceux-là sont à part, et bien peu nombreux, dans le petit panthéon de notre admiration reconnaissante.

André Tubeuf


8es Nuits Européennes

Mix franco-tchèque


DR

La 8e édition des Nuits européennes aura lieu du 5 au 7 décembre... Comment la scène musicale tchèque aussi singulière, à la fois poétique et intimiste, énergique et créative, avec notamment le groupe Uz Jsme Doma, drôle et humoristique avec le fameux batteur Pavel Fajt réputé internationalement pour ses performances musicales, comment cette scène musicale va-t-elle collaborer avec des musiciens strasbourgeois ? Réponse attendue, durant trois jours, à l’occasion de la huitième édition des Nuits européennes.

Des musiques originales enracinées dans l’histoire du pays, porteuses d’une véritable culture slave, affranchie de toutes influences occidentales, mais indéniablement actuelles.

Au programme, la chanteuse et violoniste Iva Bittova, accompagnée de sa formation Cikori ; les concerts théâtralisés et féeriques de Jablson ; de la guitare électrique avec VRM. Suivront Uz Jsme Doma, Janota 1935 avec des textes largement inspirés de la littérature sur fond de cuivres et de claviers. Enfin, il y aura Traband (notre photo) issue de la nouvelle génération du rock tchèque.

Point d’orgue samedi soir, avec un concert clôturant un atelier musical franco-tchèque. Le principe est de réunir Pavel Fajt et le groupe strasbourgeois Zakarya. Du 2 au 6 décembre, ils créeront un projet musical qu’ils présenteront au public. L’idée ? Créer, entre l’Alsace et la République Tchèque, un échange artistique. Il est le pendant d’un premier atelier programmé en novembre, à Prague. À noter que pour approfondir ces liens, différentes animations sont programmées parallèlement au festival, à savoir des expositions ainsi que des projections vidéo.

- Les 5 et 6 décembre, salle de la Bourse, (Strasbourg).
- Le 7, Cheval-blanc (Schiltigheim).
Arcane 17, Tél. : 03 88 36 15 76.


La FSCF en congrès national

Les 16 et 17 novembre, l’Avant-Garde du Rhin, Ligue sportive et culturelle d’Alsace, accueillera, pour la première fois à Strasbourg, la Fédération sportive et culturelle de France, pour son 90e congrès national. Des personnalités européennes et du monde politique français animeront des tables rondes sur le thème du « rôle de la vie associative dans l’évolution européenne ». À l’issue de ce congrès, Clément Schertzinger, président de la Fédération durant dix ans, transmettra le flambeau.

Avant-Garde du Rhin - 27, rue des Juifs Tél. : 03 88 21 29 82


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