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Anniversaire

Les dix ans de l’Eurocorps

Le corps militaire européen, appelé plus communément Eurocorps, a dix ans. C’est l’une des institutions dont le siège est à Strasbourg présentée par le lieutenant-colonel Patrick Poulain, officier du bureau de presse, et du plan chargé des opérations et des exercices.

L’Eurocorps s’est installé dans la capitale européenne le 1er juillet 1992. Après l’échec de la Communauté européenne de Défense, en 1954, les prémices de ce corps d’armée remontent au Traité de l’Élysée, en 1963, qui scellait solennellement l’amitié franco-allemande, entre le général de Gaulle et le chancelier Adenauer. En 1988, la France et l’Allemagne créaient un conseil commun de sécurité et défense ; puis, l’année suivante, une brigade franco-allemande, « était la première initiative concrète de rapprochement des deux pays, en matière militaire », explique le lieutenant-colonel Poulain. Depuis, l’Espagne, le Luxembourg et la Belgique ont rejoint les initiateurs. D’autres formes de coopérations militaires complètent le dispositif européen de défense, notamment l’Eurofort avec la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal, ou la coopération aérienne réunissant, entre autres, le Royaume-Uni, la Belgique l’Allemagne et la France.

Fonctions à géométrie variable
Sur le plan politique, l’ancienne Union européenne de défense (UEO) s’est, peu a peu, effacée et l’Eurocorps est intégré à l’Otan, l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, sous commandement américain. Le processus décisionnel est assuré par les chefs d’état-major nationaux et des représentants des ministères des Affaires étrangères respectifs. Le système d’armée de défense comprend « une pluralité de corps en Europe réunissant des pays et des fonctions à géométrie variable », poursuit le lieutenant-colonel. Uniquement terrestre, il est composé de 65 000 militaires, pour la plupart professionnels, de 800 chars, de 1 700 engins blindés et de 500 canons. Les unités sont réparties sur l’ensemble du territoire engagé dans cette coopération. « Il existe une vraie pluri-nationalité, sans véritable leader : les cinq pays membres, ainsi que ceux qui les rejoindront, sont à égalité de voix. » Changeant tous les deux ans, le chef d’état-major est aujourd’hui le général allemand Kolger Kammerhoff. Les langues du corps européen sont l’allemand et le français. « Chacun doit pouvoir parler l’une des deux langues couramment et comprendre l’autre à un haut niveau », assure le chargé des relations avec la presse. Cependant, l’anglais s’est de fait imposé comme « le véhicule des relations internationales et comme langue opérationnelle ».

L’Eurocorps est intervenu pour des missions humanitaires et de maintien de la paix.
 
Les valeurs de la démocratie
Sur le terrain, l’Eurocorps est intervenu pour des missions humanitaires et de maintien de la paix en Bosnie-Herzégovine, dont à Sarajevo en 1998, dans le cadre de l’Otan, et au Kosovo, au sein de la Kfor, depuis 2000. Actuellement, l’Eurocorps constitue une force de réaction rapide, afin d’adapter les moyens militaires aux nouvelles réalités géopolitiques mondiales. À Strasbourg, le QG et siège de l’Eurocorps sont situés quai Sturm. Mais, l’essentiel des moyens du chef d’état-major occupe la caserne Lyzée et la base Aubert de Vincelles, au Neuhof-Polygone, où se trouve la Brigade d’aide au commandement. Ici, des « shelters », mobiles-homes de campagne, sont prêts à partir sur le terrain pour abriter les liaisons et les matériels de haute technologie de communication. Dans les bureaux, dans les allées ou bien au mess des soldats et des officiers, chacun arbore son uniforme national : il n’existe pas, pour l’instant, d’habit commun. Seul l’emblème, une représentation géographique et les étoiles de l’Europe, sur fond bleu, sur lesquelles domine un glaive tendu unissent les soldats européens.

François Weiss

Der in Straßburg angesiedelte Eurokorps feiert dieses Jahr sein 10-jähriges Bestehen.


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